Diderots PENSÉES PHILOSOPHIQUES had appeared about the same time as LES MOEURS and both books caused quite a stir. One of the several pamphlets and books trying to refute several opinions of the two books was by Samuel Formey, perpetual secretary of the Académie des Sciences de Berlin. Oddly enough it was this very Formey, who then invited Diderot and Toussaint to become corresponding members of the Academy in 1751. There are two possible explanations. On the one hand Formey really liked LES MOEURS, he just some parts of it dangerous. On the other hand Toussaint collaborated with Diderot on the ENCYCLOPEDIE (he was in charge of the articles on law during the first two volumes). In a special way Formey himself contributed articles to the ENCYCLOPEDIE, too. He had written on a dictionnary by himself before the Encyclopedie, and when Diderot and D'Alembert announced their work, Formey abandonned his project, selling the articles to the Encyclopedistes. So, being connected with the Encyclopedistes, Formey might not even have been aware of the fact, that Toussaint was the author of LES MOEURS and DIDEROT the one of the PENSEES PHILOSOPHIQUES.
To my knowledge there is no estate of Toussaint kept in an archive in Berlin or somewhere else. Four letters to Samuel Formey in former possession of the Staatsbibliothek Berlin are now kept in Krakau, Poland in the Estate Varnhagen van Ense (in the University Library). Three date from after 1767, dealing with mostly with financial issues (Toussaint borrowing money from Formey). Then there is one from 1751, which was the letter Toussaint sent to give thanks for his election to the academy, of which I give a complete transcript.
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Paris ce 16 Juin 1751.
Monsieur
L’Etude du vrai & de la pratique du bien sont les deux carrieres qui
conviennent le plus essentiellement à l’honnête homme, & celles où il lui
importe davantage d’atteindre au but. Je m’applique à fournir l’une &
l’autre. Dieu seul jugera lors de ma dissolution, si j’ai rempli la seconde,
si j’ai pratiqué le bien. Nul ne sait ici-bas s’il est digne d’amour ou de
haine, mais pour l’étude du vrai, j’oserois presque me flatter de n’y avoir
par marché tout-à-fait à tâtons depuis que l’Academie Royale a daigné
m’adopter dans son sein. Voudroit-elle aggréger un aveugle a des Lynx ?
Ne croyez pas cependant, Monsieur, que sous prétexte de defendre
l’adoption de l’Academie, je m’enorgueillisse au point de me supposer l’égal
des illustres associés à qui elle m’aggrege. Si quelquefois j’ai l’œil juste,
je n’ai pas le regard assûré de l’aigle ; & ma vûe ne tiendroit pas longtems
fixée, sans s’ébloüir, sur ces sciences abstraites & effrayantes pour l’esprit
humain que les membres de votre docte Academie approfondissent tous
des télescopes : ils atteignent aux objets les plus éloignés de la portée
les jours avec un succès si brillant. Leurs yeux sont par eux-mêmes
humaine. Moi, si j’apperçois quelques verités, ce ne sont que celles que tous les
hommes ont sous la main, & que tous appercevroient s’ils vouloient s’y
rendre attentifs.
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Je ne rougis point d’avouer, que l’Academie me fait grace, parce que
cette grace même m’est encore très-honorable, puisqu’il a fallu au
moins qu’elle eût un motif pour me la faire, & qu’elle ne l’a pas faite
également à mille autres, qui me l’envient sans doute, ou la voudroient
partager avec moi.
Vous voyez Monsieur, qu’à travers les aveux qu’une juste modestie
m’arrache, mon amour propre industrieux trouve encore moyen de se
faire jour : c’est une hydre dont il est difficile de triompher tout a fait.
Mais si je ne puis l’anéantir, voyons si je ne pourrois pas au moins l’excuser,
en developpant ses motifs.
Je me compare à une orpheline sans dot & sans rang, qui entre par la
voie du mariage dans une famille noble & opulente. Elle ne sauroit se
dissimuler qu’elle est pauvre & roturiere : mais enfin puisqu’on l’épouse,
elle a plû sans doute par quelqu’endroit ; elle se console par cet endroit là
de ce qui lui manque d’autre part ; heureuse encore d’avoir cette ressource
sans laquelle l’idée du néant d’où son amant la tire, l’accableroit de
confusion. Mais l’heureux moment de la célébration de ses noces arrivé
elle n’a plus lieu d’envier les avantages que la naissance & la fortune
lui avoient refusés : tout est réparé par le nom qu’elle acquiert ; elle
entre en communauté de biens & d’honneurs avec son époux ; &
partageant son sort en entier, elle ne peut plus être ni moins riche, ni
moins noble que lui.
Voila, Monsieur, ma position. Aggrégé une fois dans votre illustre
Academie, le merite de ceux qui m’y precedent n’a rien qui me puisse faire
ombrage : au contraire, plus on les exaltera, plus je serai satisfait
d’être associé à d’aussi grands hommes ; il ne sauroit tomber un rayon de
gloire sur eux qui ne reflechisse sur moi.
Je saurai même admirer la multitude & l’étendue des talens de
votre digne Président, la profondeur de ses connoissances, les graces
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et la netteté de son style, la fécondité de son genie, la solidité de ses
maximes, & la justesse de son esprit ; sans que le contraste de lui à moi
puisse consterner ma vanité. Et pourquoi s’en affligeroit-elle ? A cent degrés
au dessous de M. de Maupertuis, on pourroit encore être illustre. Il vaudroit
moins s’il n’avoit songé qu’à la gloire : l’ardeur pour l’illustration ne mene
pas les hommes aussi loin, que le génereux desir d’être utile à ses semblables.
Quant au Roi, protecteur de l’Academie, quittons les contrastes & les
paralleles : les Rois n’entrent en comparaison qu’avec des Rois. C’est profaner
les images des dieux que de les ranger sur la même ligne avec des mortels.
Cependant pourquoi abandonnerois-je un de mes plus glorieux titres. Ce monarque,
si superieur, non seulement au commun des hommes, mais peut-être à bien des
Princes assis comme lui sur le throne, ne dédaigne pas de contribuer par
lui-même aux richesses litteraires de l’Academie. Grand & sublime jusque &
dans ses delassemens, il donne à des amusemens philosophiques, le peu d’instans
que lui laisse le soin penible de ses Etats. Enfin, l’oseroi-je dire? L’Academie,
en m’adoptant, m’invite à des occupations que Frederic ne trouve pas indignes
de lui. Un Academicien de Prusse a presque son protecteur pour collegue.
Si un Prince s’immortalise en favorisant les lettres, combien lui est-il plus
glorieux de les cultiver ? Combien plus encore, d’allier à ces nobles goûts,
les qualités éminentes de Restaurateur de son propre Empire, de guerrier
toûjours invincible, de Legislateur Eclairé. A ces derniers traits tout parallele
cesse entre les membres de l’Academie, & le chef couronné qui les honore
de sa protection.
Vous trouverez, Monsieur, que je sais envisager mes avantages
de maniere à n’en pas rabaisser le prix : mais c’est aussi ce qui donne
plus de force & de vivacité à ma reconnoissance. Je vous prie, Monsieur,
de vouloir bien en instruire l’Academie, & l’assurer de mes très-humbles
remercîmens pour la faveur dont elle m’a honoré. Permettez aussi que je
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vous en adresse à vous-même de personnels pour la part que vous avez eue
à mon association & pour les témoignages flateurs d’estime dont vous m’avez
honoré dans votre lettre jointe au diplome (pour l’expedition duquel je
vous ai encore une obligation speciale. Je vous connoissois dejà Monsieur, &
vous révérois : je suis bien sincerement réjoüi que la confraternité ajoute
au respect que je vous pourois l’obligation d’être avec un attachement plus
particulier
Monsieur
Votre très-humble & très-obéissant
serviteur Toussaint